L’amélioration du système d’éducation primaire passe impérativement par l’intégration de l’approche de « redevabilité sociale »

L’amélioration du système d’éducation primaire passe impérativement par l’intégration de l’approche « redevabilité sociale », a souligné, jeudi à Rabat, le ministre de l’éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Saïd Amzazi.

« Toutes les actions menées dans l’objectif d’améliorer le système d’éducation primaire se sauraient engendrer un impact suffisant si l’on n’y intègre pas une approche redevabilité sociale qui consiste en un processus proactif de participation citoyenne à la bonne gouvernance par un échange d’information délibératif à double sens, entre les citoyens et l’Etat », a indiqué M. Amzazi, lors du séminaire national « redevabilité sociale dans le secteur de l’éducation: l’école primaire de la contractualisation à l’exécution ».

Une telle approche suppose bien la mise en place d’outils d’évaluation et de suivi participatifs, destinés à tous les acteurs de l’éducation, à savoir enseignants, administratifs, parents et société civile, ainsi que d’outils de responsabilité sociale, tels que les tableaux de bord et audits sociaux afin de pouvoir influencer de façon concrète les politiques éducatives, a-t-il fait savoir.

Dans le contexte marocain actuel, a-t-il dit, cette approche serait d’autant plus judicieuse que les Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) se sont vu accorder ces dernières années, dans le cadre de la réforme de la décentralisation du secteur de l’éducation, une autonomie administrative et financière accrue pour définir les politiques éducatives au niveau local et créer de nouvelles opportunités pour améliorer la participation et la responsabilisation.

Dans le même ordre d’idées, le ministre a jugé impératif d’améliorer la communication et l’interaction entre les parents et la société civile d’une part et les instances éducatives au niveau de l’enseignement primaire d’autre part et d’encourager l’instauration de partenariats et de collaborations entre ces derniers.

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Le ministre s’est félicité de la mise en place au Maroc d’actions en ce sens, dont le projet intitulé LEAD « intégration de redevabilité sociale dans l’éducation pour le développement », mis en oeuvre depuis 2014 par Care International Maroc et la Near East Fondation pour une durée de 4 ans et financé par le « Global partnership for social accountability » de la Bnaque mondiale.

De son côté, l’ancien ministre des finances, Mohamed Berrada a estimé impossible aujourd’hui à quiconque de penser tout seul, d’agir tout seul ou de récolter les fruits à lui seul. « Ensemble, le directeur, l’enseignant, le parent et l’élève sont capables de diagnostiquer et évaluer les besoins de leurs écoles et de trouver des solutions et des réponses à ces besoins », a-t-il dit.

En plus de ses interventions dans le domaine préscolaire et ses programmes d’alphabétisation, Care Maroc a contribué à bâtir un modèle de gouvernance au sein des écoles primaires marocaines, qui est le fruit du travail de l’ensemble des parties prenantes, a-t-il relevé, appelant tous les acteurs à s’impliquer dans cette approche et la généraliser au niveau national pour faire réussir cette expérience.

Pour sa part, la responsable des programmes développement humain-Région Maghreb à la Banque mondiale (BM), Fadila Caillaud a indiqué que l’engagement de la BM pour les secteurs sociaux au Maroc repose sur un partenariat établi de longue date, notant que ce partenariat s’est concrétisé par le projet LEAD, mis en oeuvre dans cinquante écoles dans les régions de Casablanca, et Marrakech et qui vise à mettre en place des mécanismes de responsabilisation sociale et de planification participative au sein des écoles primaires bénéficiaires et à assurer un suivi régulier et participatif de la performance et des apprentissages à l’école.

A travers le projet LEAD, les différentes parties prenantes ont bénéficié de formations spécifiques pour les aider à accomplir leurs tâches et soutenir positivement le développement de l’école comme un espace commun de partage.

C’est dans ce cadre que des formations en gestion administrative et financière, en levée des fonds, en communication et sur le genre sont assurées aux parties prenantes des écoles, a-t-elle fait savoir.

Les écoles ont bénéficié, également, d’un accompagnement professionnel et de coaching personnalisé pour développer leurs projets d’écoles, a-t-elle dit, ajoutant qu’il s’agit en principe de renforcer la participation citoyenne et locale à la vie de l’école pour faire de l’amélioration des acquis des apprentissages une responsabilité et un objectif partagé par tous.

Malgré l’engagement du Maroc dans un processus de réforme des institutions et de son système de gouvernance, le rôle et la participation de la société civile dans le suivi des actions publiques pour assurer la redevabilité des décideurs restent limitées quant à sa mise en oeuvre. Dans ce cadre, le projet LEAD a été adopté pour développer un mécanisme participatif pour la promotion de la qualité de l’éducation primaire au Maroc et renforcer la collaboration entre les associations des parents et tuteurs d’élèves (APTE) et les acteurs étatiques dans le domaine de l’éducation, et ce pour un meilleur processus de prise de décision aux niveaux local, régional et national.

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Ce projet mis en oeuvre dans deux AREF de Casablanca-Settat (direction de Sidi Bernoussi) et de Marrakech-Safi (Direction El Haouz) a pu renforcer les capacités des APTE en termes d’organisation, gestion administrative et financière ainsi que dans les thématiques liées au genre (26 écoles) et sensibiliser et coacher les directeurs et les APTE aux principes de la redevabilité sociale (26 écoles).

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